Atelier Suspens(e) _ des histoires à pression
du samedi 4 octobre au lundi 6 octobre 2003

 
Présentation
L’atelier, animé par Alexis Chazard et Gwenola Wagon, dans le cadre de l'exposition Jouable 2, a proposé la réalisation de courtes vidéos interactives créées pour être utilisées à partir d'interfaces "domestiques" (souris, clavier, micro…). Dans le cadre de l’atelier a été développé une réflexion sur le scénario interactif, le tournage et le montage en fonction des interfaces utilisées.
Ont été utilisé l'environnement Max/MSP et Jitter, interface temps-réel développée au MIT et à l'IRCAM.
_ Les travaux réalisés sont consultables au sein de la médiathèque de l'Institut Franco Japonais du Kansai.
 

Description du workshop
D’une durée de trois jours, le workshop a consisté en l’accompagnement par les participants de la réalisation de pièces interactives. Ces pièces ont été réalisées en vue de les exposer par la suite à l’Institut.
Cet atelier a revêtu tout à la fois des enjeux pédagogiques, artistiques et techniques. Les artistes enseignants ont apporté un ensemble de propositions à réaliser avec les participants, pendant la durée de l’atelier. L’intention était de développer des projets jusqu’en phase de finalisation. Leur élaboration étaiet formulée auparavant conjointement avec les participants. Les pièces réalisées devaient être suffisamment légères à mettre en œuvre pour voir le jour en l’espace de trois jours. Le groupe de dix à douze participants était formé d’étudiants japonais anglophones en Art et Nouvelles Technologies, et de quelques-uns des participants à l’exposition JOUABLE 2. L’atelier a été animé par Gwenola Wagon et Alexis Chazard, tous deux artistes de l’interactivité.
Dans le cadre de l’atelier, le questionnement des relations qu’entretient le public à une œuvre interactive tentait d’originer une réflexion sur l’interaction comme champ artistique spécifique. Mais la proposition interrogeait plus particulièrement les questions du suspense et de la jouabilité dans des dispositifs interactifs. Par l’intermédiaire d’un apprentissage concis et rapide des fonctionnalités d’un ensemble de techniques propres à la réalisation de ce type de travaux (utilisation du logiciel Max initialement développé par l’Ircam, techniques vidéo-numériques...) les participants ont été confrontés à des choix tant esthétiques que techniques. La réalisation des pièces in situ en vue d’une exposition des travaux était leur challenge.
Un site internet a été créé conjointement au site de Jouable. Consultable avant le début de l’atelier par les participants afin qu’ils puissent s’y informer et réfléchir à un ensemble de pistes de travail. Avant la rencontre physique sur le lieu de travail des rencontres ont été organisées en ligne sous la forme de chat et de forums.

 
Sur le suspense
Les questions de l’interaction et de la jouabilité rejoignent la thématique du suspens. À la fois comme structure cinématographique, comme évènement du récit, et également comme aventure collective, comme travail de groupe.
Cette thématique pointe de nouveaux enjeux artistiques et présente de nouvelles manières de penser l’interaction. Le spectateur passe alors d’une logique du contrôle, de la maîtrise, à une logique de la responsabilité, mais aussi de la perte. Quelles répercussions entraînent les choix, les faits et gestes de celui ou celle qui échange, qui dialogue avec un programme?
Autrefois la machine disait oui et non. À présent, il y a de l’indéterminable, du suspens(e). Les techniques de programmation permettent d’explorer ces champs et un des enjeux de notre proposition sera de tenter de relier cette approche technique à une dimension artistique. Il est passionnant de jouer de l’indéterminable dans une histoire, dans un récit. Un verre tombe d’une table sans jamais toucher le sol, ou au contraire se brise à répétition. Le spectateur se trouve devant la possibilité de maintenir l’image, de la porter, mais aussi de l’abandonner.
Comme dans cet exemple d’un personnage dont la respiration dépend de mon interaction. Si je pointe le curseur vers le bas, il expire; vers le haut, il inspire. Combien de temps vais-je le maintenir? Quand va-t-il s’asphyxier, en inspirant ou en expirant?
La prise de contact, la prise en main, en vue de discuter, partager ses opinions avec d’autres personnes est une marque de responsabilité. Il y a toujours une forme de prise de risque à aller vers l’autre, mais ce risque est présent dans toute communication entre humains. Donner son avis, engager une conversation, parler des choses perçues et/ou pensées est toujours une marque d’engagement. Or, dans le cadre d’un processus, d’une installation interactive, le suspens(e) relève non de la réponse que tente l’interacteur, mais de la "question" que pose son créateur... Une première piste de recherche nous a menés vers les questions de pression, à voir sur:
http://jouable.free.fr/demo_pression/
 

Les organisateurs
_ Alexis Chazard
Artiste polymedia, pédagogue, programmeur, diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Cergy-Pontoise, il vit et travaille à Paris, France. Il intervient et réalise des ateliers de création: "Seuils" (1) à Ensad de Paris, "Transferts" (2) à l’EAD de Genève ainsi que "CD-Rom/DVD-Rom" au Studio National des Arts Contemporains du Fresnoy. Il est chargé du cours de son "Déplacements d’air" (3) à l’Université Paris 8. Il a créé et anime un atelier vidéo au Centre d’Art Camille Lambert de Juvisy-sur-Orge.
D’autres informations sur:
http://acgw.fr.st
(1): http://seuils.ht.st
(2): http://transferts.ht.st
(3) : http://www.arpla.univ-paris8.fr/~canal15/

_ Gwenola Wagon
Réalisatrice de pièces interactives et chercheuse à l’Université Paris 8, diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, elle a suivi le post-diplôme Atelier de Recherches Interactives organisé par l’Ensad et Paris 8 où a été réalisé le projet "Julie" (1). Elle est chargée d’un atelier vidéonumérique à Paris 8 depuis 2000 (2). Suite à un Diplôme d’Etude Approfondie, elle est allocataire de recherche en Arts Plastiques pour l’écriture d’une thèse sur les potentialités d’un cinéma interactif (3) sous la direction de Jean-Louis Boissier.
D’autres informations sur :
http://acgw.fr.st
(1): http://projetjulie.ht.st
(2): http://www.arpla.univ-paris8.fr/~canal12/
(3): http://cinemactif.free.fr

Une installation vidéo interactive, LandMap, a été réalisée en commun par Alexis Chazard et Gwenola Wagon. À voir sur: http://landmap.ht.st

_ Michaël Sellam (participation à l’élaboration de l’atelier)
Artiste audio, vidéaste et net-artiste, vit et travaille à Paris en France. Il travaille sur les relations corps, espaces, temps. C’est un membre actif de la plateforme expérimentale : Incident.net. Il a étudié la fiction interactive, la vidéo, le son et les installations interactives avec Anne-Marie Duguet à La Sorbonne et Jean-Louis Boissier à Paris 8 et à l’ENSAD. Il est depuis 2003 invité à co-diriger un Atelier de Recherche et Création pour l’École des Beaux-Arts de Rennes en tant qu’artiste invité.
D’autres informations sur:
http://michael.incident.net/
Projet "scenario": http://incident.net/works/scenario/
Projet "la langue se charge": http://incident.net/works/lalanguesecharge/
ARC de Rennes: http://novideo.free.fr